Le lundi 24 août 2026, le secrétaire général à l’Économie numérique a lancé à Kinshasa la première session d’un programme de renforcement des capacités : 580 agents et cadres de son administration, formés du 24 au 28 août, de 8 h à 16 h, avec le ministère de la Fonction publique et l’ARPTC. Au programme, en plus des textes administratifs : intelligence artificielle, cybersécurité, commerce en ligne, protection des données et management agile.
Le diagnostic posé à l’ouverture est sans détour. Parmi les difficultés citées : une connaissance insuffisante des textes, des dossiers mal rédigés, et une faible maîtrise des outils informatiques. La RDC est classée 179e sur 193 pays à l’indice de développement de l’administration électronique des Nations unies. Le Plan national du numérique 2026-2030 prévoit un milliard de dollars d’investissement public.
Ce constat ne vaut pas que pour l’administration. Dans les entreprises de Kinshasa, de Lubumbashi ou de Matadi, le même problème freine tout le reste : un comptable qui ne maîtrise pas Excel, une assistante qui perd ses pièces jointes, un commercial qui ne sait pas partager un document. Avant de parler d’intelligence artificielle, il faut que chacun sache travailler avec un ordinateur.
Ce que coûte un salarié mal formé aux outils
Le coût d’une mauvaise maîtrise des outils ne figure dans aucun compte. Il se voit pourtant chaque jour.
- Du temps perdu : un tableau refait à la main chaque mois, une recherche de fichier qui dure vingt minutes, un e-mail renvoyé trois fois faute de pièce jointe.
- Des erreurs : une formule Excel cassée qui fausse un état de paie ou un devis, un document envoyé dans la mauvaise version.
- Des risques : un mot de passe partagé, un lien piégé ouvert, un fichier client envoyé à la mauvaise adresse.
- Une dépendance : quand une seule personne sait faire, tout s’arrête le jour où elle est absente.
Les réformes de 2026 ont rendu ce besoin plus pressant. Le passage à l’impôt sur les sociétés et à l’IRPP, la facture normalisée, les nouveaux taux de TVA : chacune suppose des équipes capables de suivre un outil, de produire un fichier propre et de le transmettre. Notre article sur les acomptes d’IS et d’IRPP montre combien ces nouvelles règles demandent de rigueur.
Un exemple chiffré : la formation en salle ou en ligne
Une PME de Kinshasa veut former dix collaborateurs aux outils bureautiques. Chacun gagne en moyenne 1 300 000 FC par mois, soit environ 59 000 FC par jour ouvré.
En salle, sur cinq jours : dix personnes absentes de leur poste pendant une semaine représentent 50 journées de travail, soit environ 2 950 000 FC de salaires versés sans production, avant même le prix de la formation, la location de la salle et les déplacements. Et pendant cette semaine, le travail s’accumule.
En ligne, par modules courts : les mêmes dix personnes suivent une heure par jour, entre deux tâches. Sur un mois, elles consacrent le même temps à apprendre, mais sans quitter leur poste, et chacune avance à son rythme. Celle qui maîtrise déjà la messagerie le prouve par un quiz et passe directement au module suivant.
Le calcul n’est pas qu’une question d’argent. En salle, on retient ce qu’on a entendu. En ligne, avec des exercices à faire sur son propre poste, on retient ce qu’on a pratiqué.
Par quoi commencer : les compétences qui comptent vraiment
Une formation utile part des tâches réelles, pas d’un catalogue. Pour la plupart des PME, l’ordre est le suivant.
| Niveau | Compétences | Ce que ça change au bureau |
|---|---|---|
| 1. Espace de travail | Ordinateur, fichiers et dossiers, messagerie, navigateur | Plus de pièce perdue, des e-mails propres |
| 2. Bureautique | Traitement de texte, tableur, présentation | Des documents et tableaux justes, faits une seule fois |
| 3. Outils collaboratifs | Partage de documents, agenda, visioconférence | Travailler à plusieurs sur le même fichier |
| 4. Tableur avancé | Formules, tableaux croisés, contrôle des données | Des états de gestion fiables |
| 5. IA et nouveaux outils | Assistants, automatisation, sécurité | Gagner du temps sur les tâches répétitives |
Sauter un niveau est la première cause d’échec. Un collaborateur qui ne sait pas classer ses fichiers ne tirera rien d’une formation à l’intelligence artificielle. C’est pourquoi un parcours sérieux est progressif : on ne passe à la suite que lorsque l’on maîtrise l’étape précédente.
Un test d’entrée de quelques minutes suffit souvent à situer chacun. Dans une même équipe, il n’est pas rare que l’assistante maîtrise mieux le tableur que le chef de service : la formation doit suivre le niveau réel, pas la position dans l’organigramme. Un collaborateur déjà à l’aise sur un niveau le valide et passe au suivant, sans perdre de temps sur ce qu’il sait déjà.
Former aussi aux règles, pas seulement aux outils
Un outil bien maîtrisé ne sert à rien si celui qui l’utilise ne comprend pas ce qu’il produit. En 2026, les équipes comptables et administratives des entreprises congolaises ont dû absorber en quelques mois trois changements majeurs : le remplacement de l’IBP par l’impôt sur les sociétés et de l’IPR par l’IRPP, la généralisation de la facture normalisée, et de nouveaux taux de TVA fixés par la loi de finances rectificative.
Chacun de ces changements se traduit dans un fichier, un logiciel ou une déclaration. Un comptable qui sait utiliser un tableur mais ignore que la retenue sur salaire relève désormais de l’IRPP produira un état faux, proprement présenté. C’est pourquoi une formation utile mêle les deux : l’outil, et la règle que l’outil sert à appliquer.
C’est aussi ce qui distingue une formation conçue par un cabinet d’expertise comptable d’un catalogue généraliste : les exemples, les exercices et les cas pratiques partent des obligations réelles d’une entreprise en RDC.
L’intelligence artificielle : par où commencer sans risque
Le programme de l’Économie numérique fait une place à l’intelligence artificielle, et c’est une bonne chose : les assistants d’écriture, de synthèse ou d’analyse peuvent faire gagner des heures chaque semaine. Mais ils posent aussi des questions que l’entreprise doit trancher avant de les adopter.
- La confidentialité : un fichier clients ou un état de paie collé dans un outil en ligne quitte l’entreprise. Le Code du numérique de 2023 encadre le traitement des données personnelles.
- La vérification : un assistant peut produire une réponse fausse avec beaucoup d’assurance, surtout sur des règles fiscales congolaises récentes.
- Les bases d’abord : un collaborateur qui ne sait pas organiser ses fichiers ou relire un tableau ne saura pas contrôler ce que l’outil lui propose.
La bonne démarche consiste à former d’abord aux bases, puis à introduire l’intelligence artificielle sur des tâches précises, avec des règles écrites : ce que l’on peut confier à l’outil, ce que l’on ne lui confie jamais, et qui relit.
Les entreprises paient déjà pour la formation
Tout employeur verse chaque mois une contribution à l’INPP : 3 % de la masse salariale jusqu’à 50 travailleurs, 2 % de 51 à 300, 1 % au-delà. La formation professionnelle a donc déjà un budget dans l’entreprise. La question n’est pas de savoir s’il faut dépenser pour former, mais si ce qui est dépensé produit des compétences utilisables lundi matin.
Les erreurs fréquentes
- Former tout le monde à la même chose. Un comptable et un commercial n’ont pas les mêmes besoins. Évaluez le niveau de chacun avant de choisir les modules.
- Former sans faire pratiquer. Une vidéo regardée n’est pas une compétence acquise. Chaque module doit se terminer par un exercice et un contrôle.
- Ne pas suivre la progression. Sans tableau de bord, on ne sait pas qui avance, qui décroche et qui n’a jamais commencé.
- Négliger la connexion. En RDC, la donnée mobile coûte cher : une plateforme lourde décourage les apprenants. Des vidéos courtes et légères font la différence.
Yeba PLUS : apprendre sans mettre son travail entre parenthèses
C’est pour répondre à ce besoin que nous avons construit Yeba PLUS, notre plateforme de formation en ligne. « Yeba » veut dire savoir, connaître.
- Des parcours découpés en modules courts, avec vidéo, texte, documents et exercices.
- Un quiz d’entrée : celui qui maîtrise déjà un sujet le prouve et avance.
- Un quiz final pour valider chaque module avant de passer au suivant.
- Des exercices pratiques corrigés par un formateur.
- Le suivi de la progression de chaque participant.
- Vos propres formations hébergées sur la plateforme, pour transmettre votre savoir-faire interne.
Le premier thème, l’espace de travail numérique, est en ligne. Les thèmes consacrés à Excel, aux outils collaboratifs et à l’intelligence artificielle sont en préparation.
Par où commencer
- Listez les cinq tâches qui prennent le plus de temps à votre équipe chaque semaine.
- Évaluez le niveau réel de chacun sur ces tâches, par un petit test plutôt que par une auto-évaluation.
- Choisissez un premier module, le plus utile pour le plus grand nombre, et fixez une heure par jour pour le suivre.
JMB Consulting, cabinet d’expertise comptable à Kinshasa, accompagne les entreprises dans la digitalisation de leur gestion et la formation de leurs équipes, en ligne comme sur site. Parlons de vos besoins de formation, ou découvrez notre pôle Technologie et notre article sur la digitalisation des PME.
Sources : Africactu, « RDC : lancement d’une session de formation pour 580 agents de l’Économie numérique à Kinshasa », 24 août 2026 ; AfricaNews RDC, « Le ministère de l’Économie numérique lance la formation de 580 agents et cadres » ; contribution INPP : taux de 3 %, 2 % et 1 % selon l’effectif. L’exemple chiffré est illustratif.